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Compagnie théâtrale Bou-Saana
Ziguinchor - Casamance - Sénégal
4 conteurs sont partis à Ziguinchor en hiver 2000/2001
et ils ont rencontrés la troupe des Bous-Saana.
Un vrai coup de Foudre artistique les a amené à réaliser un spectacle
“levoyage de Fu-Rim”.
Ce spectacle a fait l’objet d’une tournée au Sénégal
puis en France durant les étés 2001 et 2002.
Aujourd’hui, ils nous présentent un spectacle extraodinaire
ALLAH N’EST PAS OBLIGE"
d’après l’œuvre de Ahmadou Kourouma.
et un spectacle de conte de la pièce
« Taaling-Dima »
(contes africains)
et c’est avec plaisir que les passeurs apportent leur soutien à cette troupe.
Depuis sa création en 1993, la compagnie Bou-Saana, alors constituée de jeunes gens (Famara Sagna, l’un des membres fondateurs, n’avait que 21 ans) travaille à son perfectionnement et à la promotion d’un théâtre de qualité à Ziguinchor.
De 1993 à 1997, la compagnie crée surtout des sketches comiques qui sont présentés dans des fêtes mais rarement dans une salle de spectacles (il n’y en a alors pas à Ziguinchor). Activité professionnelle, études se combinent avec théâtre. Celui-ci est d’un bon niveau amateur.
Avec l’ouverture de l’Alliance Franco-Sénégalaise en 1997 et l’appui de cette institution, la compagnie va travailler davantage à la production de véritables pièces, généralement mises en scène par Famara Sagna qui s’entoure d’assistants et de conseillers (dont le directeur de l’Alliance, Patrick Schmitt, qui a une formation théâtrale, Madame Rose Coly, administratrice …). Elle gagne ainsi plusieurs prix de théâtre au niveau national.
Entre 1998 et 2002, les comédiens (et le technicien dans son domaine) participent à plusieurs stages de formation et multiplient les rencontres avec des professionnels de tous horizons (Alougbine Dine, Serge Limbvani, Gora Seck, Jean-Michel Hernandez, Pierre Della Torre, Olivier Villanove …)
En 2000, cinq comédiens forment le « noyau dur » de la compagnie et après un séjour/rencontre avec de jeunes comédiens français, un spectacle est monté et une tournée au Sénégal puis en France est organisée (la production en France est assurée par l’association bordelaise « Les passeurs de contes » - La troupe franco-sénégalaise créée se nomme « Les Contambulans ». L’association Bou-Saana est officiellement déclarée à la Préfecture de Ziguinchor et acquiert un statut juridique officiel.
Après leurs études au Lycée, Djibril Goudiaby (qui peint également) et Boubou Ahmet Diakhaté décident de se consacrer uniquement au théâtre et tentent d’en vivre, chose très difficile dans le contexte économique africain, sénégalais et plus particulièrement casamançais.
Au premier semestre 2002, le Programme de Soutien aux Initiatives Culturelles (P.S.I.C) de la Communauté Européenne permet à l’écrivain et metteur en scène Lamine Diaw d’enregistrer une cassette audio de contes dont il est l’auteur et de monter un spectacle. Il fait appel à trois comédiens de Bou-Saana. La cassette est enregistrée dans un studio professionnel à Banjul (Gambie) et spectacle est présenté au Sénégal puis en France (le Ministère de la Culture du Sénégal prend en charge trois billets d’avion pour la France).
A partir de septembre 2002, Patrick Schmitt, qui a fini son contrat à la direction de l’Alliance, se consacre au théâtre (qui avait été l’une de ses activités professionnelles auparavant comme comédien, éclairagiste et metteur en scène) et propose à Bou-Saana de monter une adaptation du roman de Ahmadou Kourouma, « Allah n’est pas obligé ». La qualité de l’œuvre (récompensée par plusieurs prix internationaux) et sa problématique imposent un travail professionnel coûteux en temps et en énergie. L’accord de l’auteur du roman pour son adaptation est obtenu. Après deux mois et demi d’intense répétition, la pièce est représentée à Ziguinchor une première fois le 14 décembre 2002 devant une salle comble (350 spectateurs) et est reprise la semaine suivante pour répondre à la demande du public. Les premières réactions sont excellentes et les critiques permettent de retravailler et d’améliorer certains points.
Du 10/04 au 08/05/2003, « Allah n’est pas obligé » effectue une tournée sénégalo-gambienne comptant 10 représentations dans le réseau des établissements français et franco-sénégalais, au théâtre Sorano et au Collège Ste Marie-de-Hann. La pièce rencontre un très vif succès comme le montrent les articles de presse et le livre d’or rempli par des spectateurs après les représentations. La Coopération allemande (PAARZ) et l’Alliance Franco-Sénégalaise de Ziguinchor ont apporté un important soutien à la tournée. De nombreux spectateurs « institutionnels » (élus de la Mairie de Ziguinchor, du Conseil Régional, journalistes …) ont manifesté leur soutien et leurs félicitations devant la qualité professionnelle du spectacle.
La création de la pièce « Allah n’est pas obligé » a nécessité l’achat de costumes, de décors, a occasionné des frais (bien qu’aucun artiste, ils sont huit avec le chorégraphe, ne soit rémunéré). Les sommes nécessaires (environ 1 000 000 FCFA soit 1 525,00 €) ont été avancées par des amis de Bou-Saana qui croient en l’avenir de la troupe. Il en est de même pour le matériel promotionnel (affiches et dépliants de présentation professionnels) qui a coûté 600 000 FCFA (1 067,00 €).
Un second spectacle « Taaling Dima » est en cours de création en mai 2003. Il s’agit d’un spectacle de contes africains (de 5 pays différents) en partie mis en scène par Patrick Schmitt (l’autre est assurée par les comédiens eux-mêmes). Ce spectacle est programmé dans plusieurs lieux durant la tournée française et peut-être joué « à la demande » dans des centres de vacances, des festivals, des cafés-théâtre … Il est interprété par les trois comédiens : Famara Sagna, Djibrl Goudiaby et Boubou Ahmet Diakhaté. Il ne nécessite pas de conditions techniques particulières.
« Allah n’est pas obligé » traite d’un problème grave présent dans plusieurs continents, celui des enfants soldats. Problème auxquels la communauté internationale et de nombreux organismes (UNICEF, Fondations américaines …) essaient d’apporter des solutions. Le roman d’Ahmadou Kourouma et son adaptation théâtrale par Bou-Saana participent de la sensibilisation des populations du monde entier à ce douloureux problème.
Sensibiliser au problème des enfants soldats, présenter le texte de Ahmadou Kourouma, l’un des plus grands écrivains africains contemporains grâce à une pièce théâtrale de qualité sont dans les objectifs de Bou-Saana.
Il s’agit également pour Bou-Saana, après la tournée au Sénégal (bénéfice net : 900 000 FCFA soit 1 370,00 €) et celle en France, de pouvoir rembourser les frais de production et rémunérer les artistes qui participent ou ont participé aux deux productions. Trois comédiens et le chorégraphe ne vivent que du revenu de leur activité artistique. Les deux adolescents qui jouent dans la pièce sont issus de famille aux revenus modestes. L’un, Sidoine Biagui (15 ans), désire sérieusement poursuivre sa formation théâtrale dans les années qui viennent. La qualité de sa première prestation théâtrale dans cette pièce, ses qualités d’écoute et de compréhension permettent d’envisager une formation puis carrière.
La tournée en France pour laquelle la compagnie sollicite pour la première fois une aide de l’A.I.F s’inscrit dans la démarche de professionnalisation de la troupe et de plusieurs de ses comédiens.
Il est envisagé, après cette première tournée en France, très importante car de nombreux programmateurs désirent assister au spectacle, une nouvelle tournée en France durant la saison 2003/2004. Une présentation au festival Off d’Avignon en juillet 2004 n’est pas exclue. Des contacts intéressants au Québec et en Suisse sont également en cours. Pour la Suisse, plusieurs personnes ont déclaré leur intention de venir assister au spectacle en France (notamment à Lyon). Une démarche a été entreprise via l’Alliance Française de Lyon auprès du festival.
Cette tournée, organisée autour de lieux et de personnes qui connaissent les comédiens de Bou-Saana ou le metteur en scène, devrait être un « tremplin » pour d’autres à organiser en 2004. Elles devront comporter un nombre de représentations et de cachets suffisants pour que la compagnie Bou-Saana prenne en charge tous les frais inhérents et s’affirme comme véritablement professionnelle, capable de vendre et d’exporter des produits culturels, capable de rémunérer ses comédiens et de créer un fonds pour d’autres productions.
Ziguinchor, le 05 mai 2003
Pour la Compagnie Bou-Saana
Famara Sagna Djibril Goudiaby Patrick Schmitt
Compagnie Bou-Saana
BP 630 – Ziguinchor – Sénégal - Tél : (221) 544.85.77 - Fax : (221) 991.30.50
ou tél : (221) 991.28.23 : demander Souleymane Diawara ou Famara Sagna
Mèl : bousaana@yahoo.fr