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Originaire de Montréal (Canada), je vis maintenant en France depuis 4 ans. Mon parcours académique et artistique a longtemps zigzagué entre la littérature et le jeu théâtral. Il y a sept ans, lors d’un séjour en Belgique, j’ai découvert une forme qui pouvait relier ces deux centres d’intérêt : le conte. Je pouvais à la fois écrire, dire mes textes et jouer tous les personnages de l’histoire sans aucun artifice, aucun objet, sauf parfois une chaise. De retour à Montréal, j’ai intégré le groupe des Conteurs du Sergent Recruteur, laboratoire de récits oraux, qui présentait (et présente encore depuis 6 ans), des soirées de contes tous les dimanches soirs dans un bar de la rue St-Laurent. J’y ai appris le contact direct avec le public, la construction d’une histoire et le rôle du conteur, différent de celui du comédien en ce sens qu’il ne joue pas un personnage, mais raconte une histoire dans laquelle il esquisse des personnages.
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Au fil des expérimentations et des rencontres avec le groupe du Sergent Recruteur, je me suis retrouvée en France. C’est là que j’ai eu envie de mettre mes contes en mouvement. Je ne voulais plus que le geste appuie seulement la parole, mais qu’il en soit une à part entière. Que le mouvement et la parole se complètent. L’école Jacques Lecoq correspondait tout à fait à cette attente… et à plusieurs autres que j’ignorais moi-même. J’y ai renoué avec le plaisir du jeu théâtral et la création en groupe. Non seulement cette école m’a appris la conscience du corps, de l’espace scénique et du rythme dramatique, mais elle m’a permis de rencontrer des gens avec lesquels j’ai une véritable désir de continuer à travailler. Ces personnes sont rassemblées dans le Théâtre du Passe-Muraille. Haruna Kondo, membre japonaise de ce groupe, m’a fait découvrir de nouvelles façons d’appréhender le jeu lors de notre formation à Jacques Lecoq. Particulièrement en clown, style comique très occidental. Elle l’a appréhendé avec sa vision et sa culture, et a créé un personnage clownesque unique et très poétique. C’est dans cette optique que je désire faire ce projet de création et de formation au Japon. En donnant des ateliers de théâtre, nous serons influencés par le jeu et l’apprentissage des participants japonais. En suivant nous même des cours, nous acquérrons de nouvelles notions théâtrales qui influenceront notre façon de jouer. Cet échange sera le même lors de spectacles dans les rues. Nous présenterons au public notre travail, notre univers, issus de nos différentes origines, et les spectateurs, par leurs réactions, nous donnerons une partie de leur culture et de leur propre imaginaire. Je crois qu’un tel projet influencera nécessairement notre façon de faire du théâtre et enrichira notre travail de groupe.
Born in Montreal, I have been leaving in France for 4 years. I had studied literature and teatre at university and in workshops. Seven years ago, while I was travelling around in Belgium, I discovered an artistic style who could link (combine, gather?) these both interests: the storytelling. It was an opportunity to write my own texts or to adapt some fairy tales, to tell it, and to play by my self all the characters of the story without any props, but a chair. When I came back to Montreal, I started to work with a group named “Les conteurs du sergent Recruteur”, kind of “storytelling laboratory”. We used to tell stories each sunday night in a bar on St-Laurent street. I learned a lot with this group: direct contact with the audience, how to make up a story, who is a storyteller who’s not the same than an actor. The storyteller doesn’t play a character, he tells stories and play flashes of characters when it’s usefull. Theses experiments and meetings with Sergent Recruteur group gave me the opportunity to travel to France. That’s where I felt the desire to add movement to my stories. I would find the way to give to the gestures the same importance than the words. Jacques Lecoq theatre school was the best place to acquire this knowledge. But I learned much more than what I was expecting to. I learned the conciousness of the body, of the teatral space and the group creation. And above all, I met people I really want to work with. Haruna Kondo, japanese member of Theatre du Passe-Muraille, teach me a lot by her way to play in Jacques Lecoq classes. Above all with the clown, comic western style. She did it with her own personality and her own culture, and she created a unique and poetic clown character. I want the project of creation and formation in Japan get the same dynamic. When we will give workshops, we will be “influencés” by the students and their way to play. When we will be students in workshops, we will acquire japanese knowledge that will “influence” our way to play. We will exchange with the audience when we will play in the street. We will show them our creation , made with our personalities and cultures, and the audience will show us a part of their own culture and their own imagination by their reactions. I’m sure this project will deeply “influence” our way to create, to play and to work as a group.