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Un jour ma mère a dit à mon père : « C’est parti ! »,
et je suis arrivée.
C’était au printemps.
C’est de là que je viens.
Je suis née dans les choux avec les oreilles en fleur de sel.
Comme mon nom ne l’indique pas forcément, j’ai grandis au pied d’un cerisier.
A force de recracher les noyaux,
je me suis retrouvée le cœur à nu et à cheval sur les langues.
J’ai galopé de l’allemand au français, allers et retours,
jusqu’à ce que je bute sur un exercice de mathématique.
Cela m’a pris un certain temps.
Au point d’en perdre l’appétit.
Heureusement je l’ai retrouvé vite en croquant dans la musique.
Celle avec des notes, des touchés et des clefs,
et celle avec le corps, la peau et le mouvement,
et aussi celle avec les mots, les sonorités, les sens et les contresens.
C’est devenu mon régime alimentaire de base.
Je m’en porte bien.
Revigorée, je suis arrivée à Bordeaux
dans la conserverie nationale d’art dramatique
où j’ai vécu trois années en bonne compagnie.
Cela c’est bien passé.
J’ai continué à respirer.
Au bout du souffle, je suis tombée dans un trou de mémoire.
J’y ai rencontré une guingue de Passeurs de Contes.
On s’est dit : « Entre nous y’a des histoires »,
et depuis nous collaborons dans le plaisir.
Par Cécile Delhommeau et Alice Fahrenkrug
Qu’est ce qu’on va faire de tous ces vieux ?
Et nous ? Où en sommes-nous avec nos vieux ?
Que nous disent-ils ? Qu’entendons-nous ?
Que ne nous disent-ils pas ? Que n’entendons-nous pas ? Où existent-ils ?
Pour qui ?
Ont-ils un présent et un avenir ?
Que nous transmettent-ils ? Nous transmettent-ils quelque chose ?
Quelle est la place du vieux ? Est-ce celle du mort ?
D’ailleurs, les vieux meurent-ils bien ?
Vivent-ils bien?
Qu’ont-ils dans la tête ?
Ont-ils encore toute leur tête ?
Et quand ils partent, que deviennent-ils ?
Nous ressentons le besoin de nous questionner,
en tant que jeunes artistes travaillant les arts de la parole
sur la transmission et les relations intergénérationnelle.
D’autre part, nous sommes sensibles aux problématiques
liées au devenir des vieux dans notre société de consommation.
A partir de nos observations, nous écrivons des histoires
avec des vieux comme personnages centraux.
LE BINOME.
Membres actives du collectif bordelais Les Passeurs de Contes,
Cécile Delhommeau et Alice Fahrenkrug travaillent ensemble depuis deux ans.
En juin 2005, le Festival des arts de la parole interculturelle de Bordeaux St-Michel
leur fait une commande de balades contées dans le quartier.
Elles en font, avec Marie Maison, des promenades poético-urbaines (Ça rue dans les dentelles )
en posant un regard décalé et sensible sur les lieux, les gens, les situations et les rencontres.
Depuis elles développent leur travail d’écriture commune autour de la question suivante :
comment parler d’intimité dans l’espace publique ?
Dernièrement, elles sont intervenues pour la Nuit des Musées aux CAPC,
musée d’art contemporain de Bordeaux, dans le cadre de l’exposition Dormir,rêver et autres nuits…
Travail sur l’univers du sommeil (Les Veilleuses),
histoires et brèves chuchotées à l’oreille des visiteurs
invités à poser leur tête sur un oreiller.
“Vieilleries” (ébauche de “La conserverie de vieux” a été présenté au festival “L’échappée Belle” de Blanquefort les 8, 9, 10 et 11 juin 2006 et aussi le 4 août au festival de conte de l’ile d’Oléron en première partie de Pépito Matéo.
“Les Veilleuses” est une proposition de conte intimiste à partager sur l’oreiller. Tout seul ou plus si affinité, mais pas plus de trois ! ( oreiller format américain 40×60 cm…) Le passage sur l’oreiller dure une à trois minutes. Les veilleuses n’interviennent que la nuit, en intérieur ou en extérieur selon contexte et saison. Elles sont en marge de l’événement plutôt que l’événement en tant que tel.
“Les Veilleuses” a été créé pour la Nuit des Musées 2006 au CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux, dans le cadre de l’exposition “Dormir, rêver et autres nuits”, sur une commande de Caroline Melon, chargée de mission pour l’association des Arts de la parole interculturelle de Bordeaux St Michel, en collaboration avec Sylvie Barrère, attachée de conservation du patrimoine au CAPC.
telephone: 06 15 50 82 73
mail: kruguette@neuf.fr